dimanche 20 décembre 2009

AFRIKA




L'art consubstantiel de la vie, l'art comme prolongement de l'être, voilà pourquoi le choix de l'angle de l'art, parce qu'il soulage de l'actualité. L'art reste, tous continents confondus, le seul moyen de soigner les bobos de la planète, générés par les comportements aberrants de l'homme. Ousmane Sow est un grand docteur (bobologue). Il redonne une dimension à l'homme par opposition à ce que celui-ci est devenu de sa propre main, un rat de laboratoire. Je l'ai découvert par des reportages de l'AITV, puis il est devenu, pour moi cycliste, des silhouettes dressées sur le Pont des Arts comme des gardiens de l'avenir. Il est un avertisseur, un grand parmi les grands. Il est d'ores et déjà trans-siècles et trans-cultures. Il me suffit de voir une parcelle de ses monuments humains pour penser aussitôt à Balzac sculpté par Rodin, ou Dora Maar par Picasso. Je ne peux non plus m'empêcher de penser au Golem, ce personnage issu de la culture juive et créé comme défenseur. Un être fait d'argile, inachevé, une ébauche de l'état qui précède la création d'Adam. Il a, gravés successivement sur le front les mots Emeth et Meth , qui signifient Vie et Mort. Wassalamou 3aleïkoum.  



samedi 19 décembre 2009

Char en son Isle


                                                                            © Photo A. Chémali
 


Offensive poétrique

"Le poème est l'amour réalisé du désir demeuré désir"
                                                           René Char

vendredi 18 décembre 2009

Comment la poésie vient à l'esprit




"Il n'y a que la beauté - elle n'a qu'une expression parfaite, la poésie"
Stéphane Mallarmé

lundi 14 décembre 2009

L'œil de Bataille


"Je suis moi-même la guerre"
            Georges Bataille

dimanche 29 novembre 2009

Perle mallarméenne



Sur la philosophie dans la poésie

Je révère l'opinion de Poe, nul vestige d'une philosophie, l'éthique ou la métaphysique, ne transparaîtra; j'ajoute qu'il la faut, incluse et latente. Eviter quelque réalité d'échafaudage demeuré autour de cette architecture spontanée et magique, n'y implique pas le manque de puissants calculs et subtils, mais on les ignore, eux mêmes se font, mystérieux exprès. Le chant jaillit de source innée, antérieure à un concept, si purement que refléter, au dehors, mille rythmes d'images. Quel génie pour être un poète ; quelle foudre d'instinct renfermer, simplement la vie, vierge, en sa synthèse et loin illuminant tout. L'armature intellectuelle du poème se dissimule et tient — a lieu — dans l'espace qui isole les strophes et parmi le blanc du papier : significatif silence qu'il n'est pas moins beau de composer, que les vers.

Stéphane Mallarmé in Igitur Divagations Un coup de dés (Réponses à des enquêtes) Poésie Gallimard

Bataille pour le sérail




Document exclusif

Aventure apocryphe de Tintin (Grand Reporter) au Pays des Cèdres.

Dieu reconnaîtra les siens.

mercredi 25 novembre 2009

NarVal



"Poissons poissons c'est moi, je vous appelle : jolies mains agiles dans l'eau. Poissons vous ressemblez à la mythologie. Vos amours sont parfaites et vos ardeurs inexplicables. Vous ne vous approchez pas de vos femelles et vous voici l'enthousiasme à l'idée seule de la semence qui vous suit comme un fil, à l'idée du dépôt mystérieux que fit dans l'ombre des eaux luisantes une sourde exaltation muette, anonyme. Poissons vous n'échangez pas de lettres d'amour, vous trouvez vos désirs dans votre propre élégance. Souples masturbateur des deux sexes, poissons, je m'incline devant le vertige de vos sens. Plût au ciel, plût à la terre que j'eusse le pouvoir de sortir ainsi de moi-même. Que de crimes évités, que de drames repliés dans le trou du souffleur. Vos transports transparents, mort du Christ ah que je les envie. Chères divinités des profondeurs, je m'étire et je me démène si je pense un instant à l'instant de votre esprit où se forme la belle plante marine de la volupté don les branches se ramifient dans vos êtres subtils, tandis que l'eau vibre autour de vos solitudes et fait entendre un chant de rides vers les rives. Poissons poissons, promptes images du plaisir, purs symboles des pollutions involontaires, je vous aime et je vous invoque, poissons pareils aux montgolfières. Jetez au creux de vos sillages un lest passionnel, signe de votre grandeur intellectuelle.

Poissons poissons poissons poissons.
Mais l'homme aussi fait parfois l'amour. "

Aragon in La défense de l'infini 

samedi 21 novembre 2009

Salfit et Ariel au pied de l'arbre de vie


Au pied de l'arbre de vie

Eve et Adam
Salfit et Ariel
Misstic et Benjamin
Le poisson
c'est celui d'Avril
ou du Bonheur

Collage extrait de la série le Festin d'Orient de Benjamin Fondane

vendredi 20 novembre 2009

Le Monde




Plût au ciel qu'il suffit de se frotter le ventre pour ne plus avoir faim
                            Diogène

dimanche 15 novembre 2009

Folisophie



Jérôme dans les bras de Minerve ou 
l'énigme de la Nef des fous


mardi 10 novembre 2009

MA3RAKA SO3BA



Une bataille difficile

mercredi 4 novembre 2009

L'actu Lautréamont


Les ailes d'Isidore Ducasse

"Plût au ciel que le lecteur, enhardi et devenu momentanément féroce comme ce qu’il lit, trouve, sans se désorienter, son chemin abrupt et sauvage, à travers les marécages désolés de ces pages sombres et pleines de poison ; car, à moins qu’il n’apporte dans sa lecture une logique rigoureuse et une tension d’esprit égale au moins à sa défiance, les émanations mortelles de ce livre imbiberont son âme comme l’eau le sucre. Il n’est pas bon que tout le monde lise les pages qui vont suivre ; quelques-uns seuls savoureront ce fruit amer sans danger. Par conséquent, âme timide, avant de pénétrer plus loin dans de pareilles landes inexplorées, dirige tes talons en arrière et non en avant. Écoute bien ce que je te dis : dirige tes talons en arrière et non en avant, comme les yeux d’un fils qui se détourne respectueusement de la contemplation auguste de la face maternelle ; ou, plutôt, comme un angle à perte de vue de grues frileuses méditant beaucoup, qui, pendant l’hiver, vole puissamment à travers le silence, toutes voiles tendues, vers un point déterminé de l’horizon, d’où tout à coup part un vent étrange et fort, précurseur de la tempête. La grue la plus vieille et qui forme à elle seule l’avant-garde, voyant cela, branle la tête comme une personne raisonnable, conséquemment son bec aussi qu’elle fait claquer, et n’est pas contente (moi, non plus, je ne le serais pas à sa place), tandis que son vieux cou, dégarni de plumes et contemporain de trois générations de grues, se remue en ondulations irritées qui présagent l’orage qui s’approche de plus en plus. Après avoir de sang-froid regardé plusieurs fois de tous les côtés avec des yeux qui renferment l’expérience, prudemment, la première (car, c’est elle qui a le privilége de montrer les plumes de sa queue aux autres grues inférieures en intelligence), avec son cri vigilant de mélancolique sentinelle, pour repousser l’ennemi commun, elle vire avec flexibilité la pointe de la figure géométrique (c’est peut-être un triangle, mais on ne voit pas le troisième côté que forment dans l’espace ces curieux oiseaux de passage), soit à bâbord, soit à tribord, comme un habile capitaine ; et, manœuvrant avec des ailes qui ne paraissent pas plus grandes que celles d’un moineau, parce qu’elle n’est pas bête, elle prend ainsi un autre chemin philosophique et plus sûr."

Les Chants de Maldoror - Chant premier


dimanche 1 novembre 2009

Terra Santa ou terra maudita


Deux solutions possibles face à la situation d'urgence au Proche-Orient.
1) A la manière Magrittienne des "Amants" impossibles qui finissent par y parvenir
2) A la manière de Walter Benjamin et Carl Einstein jouant à essayer de remettre le cerveau dans le crâne.

jeudi 29 octobre 2009

Pourquoi et comment je colle ?

Journaliste, cycliste, collagiste-allégoriste, je suis aussi flâneur et glaneur par nature, tombé par inadvertance dans le collage il y a une vingtaine d’années. Au hasard de mes longues marches entre musées, librairies et salles de cinéma, j'ai commencé par mettre mes pas dans ceux de Dada (Raoul Haussman, Hannah Hosch, Kurt Schwitters et bien d’autres), avant d’enfourcher le mien.
Après des années de copillage sauvage, je me suis mis à fabriquer ma propre matière, en images, en assemblages et en personnages pour donner libre cours à mon constant jardinage. Adepte d’une écriture automatique au doigt et à l’œil, au cutter et à la colle, j'use du collage, ce film compressé selon la formule du cinéaste collagiste russe arménien Sergueï Paradjanov, pour extraire la pierre de la  « folie en tête ».  
Parmi les chemins de traverse, caractéristiques de cet art pirate, j'ai pris le sentier de la gravure et effectué un travail que j'assimile à de la sculpture de nuages. Sur les traces de deux grands Max, Bucaille et Ernest, je viens de réaliser  la « Série Gravures », selon une technique qu’on pourrait dire de  la ligne claire en collage, associant gravures et gravures, gravures et photos voire peintures, pour le plus grand plaisir de créer et recréer.

mercredi 21 octobre 2009

Après moi le déluge

mardi 20 octobre 2009

Cadavre exquis Montsouris

Le parc Montsouris c'est le domaine
où je promène mes anomalies
où j'm décrasse les antennes
des mesquineries de la vie...

(Parc Monsouris. Jacques Higelin)

samedi 17 octobre 2009

Dadachemax

 
"Mes livres sont des collages

Vous faites au moins une exception dans votre rejet de la peinture contemporaine, puisque vous dites, dans un des textes de Regard éloigné, que vos livres sont construits comme des collages de Max Ernst.

Oui, c’est une similitude dont je me suis aperçu après coup. J’ai toujours beaucoup aimé la peinture de Max Ernst, et nous avons d’ailleurs été très liés au temps de New York. Nous formions une bande à quelques-uns. Il y avait Breton, Tanguy, Masson, Ernst… Mais c’était de ce dernier que je me sentais le plus proche, c’est lui qui m’intéressait le plus. Je crois qu’existait entre nous deux une analogie dans la démarche intellectuelle.

Claude Levi-Strauss (entretien de 1983 avec Didier Eribon publié dans Libération du 04/11/09)

jeudi 15 octobre 2009

Le cordonnier d'Ephèse

            
 
"Un pied la largeur du soleil"
                                           (Fragment d'Héraclite l'Obscur)

   

mercredi 14 octobre 2009

Felouque sur le Nil

mercredi 9 septembre 2009

Benjamin Fondane ou les petits juifs accrochés à l'air

C’est à vous que je parle, hommes des antipodes,
je parle d’homme à homme,
avec le peu en moi qui demeure de l’homme,
avec le peu de voix qui me reste au gosier,
mon sang est sur les routes, puisse-t-il, puisse-t-il
ne pas crier vengeance!
L’hallali est donné, les bêtes sont traquées,
laissez-moi vous parler avec ces mêmes mots
que nous eûmes en partage –
il reste peu d’intelligible!

Préface en prose. Benjamin Fondane

On entre en collage comme en écriture, par effraction

On entre en collage comme en écriture, par effraction. Par une nuit sans lune, on s’avance hors des voies tracées un cutter à la main et on taille en pièces la représentation du réel telle qu’elle est donnée à voir. Puis, avec un tube de colle on s’amuse à en recomposer d’autres plus seyantes, plus belles ou plus moches, plus tartes ou plus percutantes, en couleurs ou en noir et blanc, ou les deux mon général, en photos ou en gravures, ou les deux mon colonel, mais on colle.
On colle des images de pensées telles qu’elles se font dans l’œil, bien avant que le cerveau ne saisisse. On colle pour l’ivresse que ces agencements multiples de fragments et de sens nouveaux qui en émanent, procurent. On colle en état de transe, en apesanteur entre réel et virtuel. On fusionne les espèces et les genres. On amalgame peinture et écriture, photographie et cinématographie, philosophie et poésie, d’où les appellations possibles de ceux que démange le démon du collage: collagistes, poésophes, allégoristes ou taxidermistes. Ils sculptent, dissèquent, équarrissent, œuvrent au plus près des articulations de tous ces langages pour réussir à fabriquer chacun le sien tout en étant compris par tous.
C’est ainsi que j’en suis venu à coller en flux continu comme on écrit son journal de navigation dans l’existence. J’ai dans mon sillage deux livres, « la poésie doit être faite par tous » et son corollaire « Epiphanie ».
Des séries sur mes fréquentations, Benjamin Fondane, Walter Benjamin et Carl Einstein et plus récemment la «Série gravures» qui comporte des sous séries « Dadachemax », « Al Akhbar » (les nouvelles en arabe) ou « Photogravures ». Il y a aussi, toujours en cours,ce fameux monologue intérieur qui n’a cessé de prendre de l’ampleur au point de devenir ce qu’il est, un « Autoportrait in progress », mon Merzbau et ma Sagrada Familia à la fois. Un édifice, fait de bric et de broc selon les états d’âme et les conditions atmosphériques, abritant un personnage déambulatoire, insaisissable, à géométrie de faciès variable et à personnalités pluri-dimentionnelles. La romance perpétuelle, le roman des origines constamment remanié, retravaillé, pour dire l’écoulement des mots et des choses.

dimanche 8 avril 2007




















 



Le vernissage a eu lieu le 3 mars 2007, au Zango 
58, rue Daguerre 75014 Paris

vendredi 12 janvier 2007

Pour cesser la haine de soi

Lignes dédiées à Nizar Kabbani et Salah Stéitié

A la faveur de la guerre des trente quatre jours et des préparatifs de guerre de l’après guerre, j’ai pris comme bonne résolution de début d’année d’en finir avec la haine de soi, de tordre le cou à cette manie récurrente en faisant aveu de libanité. Parce que maintenant, il y en a marre de me dire que je ne suis pas un libanais comme les autres parce que je suis aussi français. Si ! Je suis français comme les autres, libanais comme les autres et cycliste athée de mon état !
Oui, je roule à vélo dans Paris, ne pollue pas et vois d’un sale œil que le représentant exclusif à Paris des véhicules militaires américains, 4X4 version domestique, soit un Libanais. J’y peux rien, c’est plus fort que moi et je le dis. Tout comme je peux dire que je suis athée parce que je ne crois tout simplement pas aux balivernes que nous rabâchent les livres saints des trois grandes pathologies monothéistes de la planète. Bien sûr, j’aime ces livres « saints » comme on aime les livres. Tout comme j’aime par exemple ce que la culture sunnite charrie de goût de vivre. Et par-dessus tout, ce qui fait d’eux la risée d’autres (sans rire) Knéfé et Narguilé ; autrement dit pâtisseries et rêveries. J’aime tout autant la culture chiite de la dissimulation et la souffrance à vivre.
J’aime les maronites, j’en suis un, pour leur côté jouisseurs monastiques, les grecs catholiques pour l’encens et le pognon, les grecs orthodoxes pour la coiffure de leurs curetons, les druzes pour leurs moustaches et leur Kâf, les arméniens pour leurs églises et la triade Soujouk-Bastourma-Arak. J’aime même les alaouites parce qu’on les appelle aussi Nseiriyyés et les juifs pour leur judéité. Par ailleurs, j’aime également les Irakiens pour leur force créatrice, les Palestiniens pour leur cynisme acquis, les Israéliens pour leur insolence, les Egyptiens pour leur indolence, les Syriens pour leur insouciance (et le poulet rôti au piment de Ras Chamra), et tous les autres (saufs les Libyens) pour ce qu’ils sont, c’est-à-dire des cracheurs de mots arabes. Mais je hais par-dessus tout chez tous leur capacité à entrer en ébullition et à vouloir régler tout et n’importe quoi par les armes. On est là au cœur de la pathologie induite par les croyances religieuses qui finissent toutes et toujours par monter à la tête.
Ailleurs dans le monde, il y a beaucoup de facteurs, politiques, financiers ou sociaux, qui montent à la tête sans pour autant que les choses dégénèrent systématiquement en conflit armé et en bain de sang et de larmes. C’est parce qu’ailleurs ils ont su séparer dans la lettre ou dans les faits la chose religieuse de la chose publique.Et c’est parce que je vis ailleurs que je peux dire aussi sans crainte, que parmi tout ce que j’aime, j’aime éperdument, infiniment, vertigineusement, le corps nu des femmes et pour rien au monde ne veux qu’on le voile que ce soit à la mode juive, chrétienne ou musulmane. Maintenant que j’ai sorti ça, je me sens mieux. C’est un bon début pour cesser la haine de soi.