samedi 28 novembre 2015

Exposition / Galerie Atelier 41




« Histoires d’Orient, d’amour et autres fredaines »


Au terme d’exposition, j’ai toujours préféré, et souvent confondu avec, celui d’explosition. Sinon comment expliquer ou comprendre ces éclaboussures de collages, suspendues comme du linge intime en public, au vu et au su de tous, au va et vient de tout un chacun, dans la galerie du cinéma Sept Parnassiens.
Pouvait-on rêver meilleur endroit qu’un passage pour s’exposer ? Surtout lorsqu’il relie le boulevard du Montparnasse à la rue Delambre, avec en son milieu la très accueillante Galerie Atelier 41.

Une charmante maison d’artisan encadreur, tenue de main de maître par la pétillante Anne aux yeux et sourire malicieux, à laquelle fait face un snack libanais. Ça ne pouvait pas s’inventer.

Celles et ceux qui emprunteront ce passage, du 1er au 15 décembre 2015, pourront découvrir dans sa vitrine des Histoires d’Orient, d’amour et autres fredaines, des rêveries au Parc Montsouris, le jardin de la sagesse, les vacances de Daphné à la mer et les errances de la Vénus, sur terre, en mer ou dans les airs.

Des collages effectués à des périodes différentes, mêlant états d’âmes et actualité en une parfaite thérapie des premiers contre les dégâts de la seconde.


98 Boulevard du Montparnasse
75014 Paris




dimanche 3 mai 2015

Collage / Bosch / Botticelli


Balade Boschticellienne

Si les grandes et petites puissances et leurs sociétés continuent à se comporter comme elles le font, c'est aux visions de Jérôme Bosch et Pieter Bruegel qu'elles vont renvoyer la planète toute entière. Quelle différence y a-t-il entre "Le triomphe de la mort" et la situation prévalant, depuis quelques temps maintenant, en Irak et en Syrie, pour ne citer que ce misérable exemple?

Et quand je dis visions, c'est celles de la prescience qu'ont eu des situations ces deux héros de la représentation du monde autant réel que fantasmé que je parle. Ils sortaient quasiment de ce que l'on a coutume d'appeler Moyen-âge, qui avait forgé tout leur imaginaire, pour justement en générer un autre.

Un imaginaire qui nous est désormais connu grâce à leur travail, et qui, par la magie de la reproductibilité technique, s'est répandu partout sur la planète, y compris par les réseaux sociaux, pour quiconque aime à se promener et caresser des yeux l'héritage pictural de nos frères humains qui avant nous vivaient. J'ai découvert récemment comment cette peinture, incontournable pour comprendre le système nerveux et son interaction universelle, agissait indépendamment de la chronologie de l'histoire classique. 

Le tableau cinématographique d'Alexeï Guerman, "Il est difficile d'être un dieu", chef d’œuvre en noir et blanc sorti post mortem en 2015, est en la matière la preuve même d'une interaction entre les arts et les hommes, par delà les dimensions spatiales et temporelles communément admises. Il a réussi à reproduire sur pellicule un univers en totale adhésion et harmonie avec les toiles très colorées des maîtres ès Paradis et Enfer réunis. 

Des génies de la retranscription du religieux et de l'athéisme, du conscient et de l'inconscient sur un même plan, dans une sorte de saisissement cathartique du mode de fonctionnement des êtres humains sur la croûte terrestre. Un comportement résumable, pour la faire courte, à une formule quasi primitive "les gros poissons mangent les petits".

Des leçons d'art et de savoir qu'ils nous ont transmises et pour lesquelles nous leur sommes toujours redevables, car ils nous ont fourni par la même occasion les outils pour saisir à notre tour ce qui se passe dans le monde, plus de cinq siècles plus tard.

Actuellement, les habitants de la terre sont littéralement projetés dans une succession de ces tableaux d'avant la grande résurgence de l'antiquité dans la renaissance. Des œuvres qui retracent notre itinéraire depuis l'apparition de l'homme sous la forme ludique et lubrique de la création d'Adam et Eve, jusqu'à sa chute vertigineuse dans les affres d'une interminable et infernale fin de monde.

C'est le refus d'intégrer leurs leçons qui a régénéré cette phase fangeuse de l'histoire de l'humanité. Et dans cet océan d'analphabétisme qui gagne seuls survivent ceux qui font mauvais usage de précédents historiques qu'on croyait engloutis dans les flammes du "Jugement dernier" ou emportés dans "La chute des anges rebelles" dès lors qu'ils nous ont été révélés. 

Il semble bien que nous ne soyons jamais sortis de cet âge car les œuvres de Bosch et Bruegel ont ceci d'exceptionnel qu'elles témoignent d'un passé en même temps qu'elles prédisent un avenir, sans cesse en train d'advenir, que nous n'avons pas su éviter. Une sorte de retour vers le futur raté.


vendredi 19 décembre 2014

Twitter v/s Blog / Journalisme

 Profession journaliste
Un peu comme Newton sous son pommier (merci Gotlib) ou Archimède dans sa baignoire (merci Jacob Delafon) j'ai compris une chose, par ces temps modernes au grand galop, grâce à Twitter.
A force d'en arpenter les conduits et arborescences rizhom@tiques, il m'est apparu clairement que l'information pouvait être puisée partout sur la planète en temps réel et à des sources aussi variées qu'inépuisables. On y trouve les agences de presse internationales, les grands et petits quotidiens nationaux du monde entier, toutes sortes d'agences et d'organes de presse télé ou audiovisuels et leurs ramifications en blogs et sous-blogs. A cela s'ajoutent les comptes personnels de journalistes des quatre coins de la planète et ceux d'individus ayant des informations à donner de l'intérieur sur tel ou tel conflit, tel ou tel événement.
Jamais auparavant, une entreprise de presse n'aurait pu espérer disposer d'une telle diversité de sources d'informations sur l'état du monde tel qu'il va de Mexico à Karachi, de Los Angeles à Pyongyang ou de Kornet Chehwan à Dyarbakir.
Cela donne une nouvelle dimension au métier de journaliste, mais le principe actif en reste le même : chercher la perle dans le magma, en vérifier l'authenticité et la faire circuler. Le reste est affaire de crédibilité.
C'est ma désertion ces derniers temps du blog au profit de Twitter qui m'a fait prendre conscience que, tout comme la Poésie et le Collage, le Journalisme doit être fait par tous.

dimanche 1 juin 2014

La folie (d'écrire) en tête / Pierre Michon


A l'occasion du Temps des cerises

Comme nous nous fabriquons nous-mêmes le dragon intérieur qui finit par nous dévorer, je me dois de nourrir ce blog qui crève la dalle depuis un moment.
Retour à la case Folie en tête devant l'entêtement des hommes à la téter à tue tête. C'est la lecture de "Fie toi à ce signe" de Pierre Michon réédité par Verdier qui m'y a ramené. J'ai retrouvé dans ce texte qui retrace le cheminement de l'âme d'un peintre, la même intersection que je fréquentais à l'époque de la Butte aux cailles. Celle là même où je courrais après la mienne et où elle m'est apparue un jour, se faufilant entre les ordures au coin de la rue la Providence et la rue de l'Espérance.
Depuis, je suis guéri de la folie des hommes et lui préfère de loin celle des femmes.

dimanche 2 février 2014

Obama / Femen / Deraa


La nouvelle Jésuralem 

Un dimanche d'hiver ensoleillé, faisant comme toujours et à chaque instant le bilan de mon existence, j'ai dressé un rapide décompte des choses qui ont ébloui mon esprit depuis qu'on est au XXI° siècle. Il y en a trois qui se sont rapidement et clairement imposées à mes yeux. 
La première est l'élection de Barack Obama, un noir américain de culture chrétienne et musulmane s'inspirant de Mandela et de Gandhi, à la présidence des États Unis. Pour un pays où l'on pratiquait l'apartheid on peut dire qu'un pas de géant a été mentalement franchi.
La deuxième est l'apparition des Femen avec l'ukrainienne Inna Shevchenko à leur tête. En se servant de leurs seins nus avec des choses écrites dessus elles ont fait faire un grand bond en avant à la lutte des femmes. Elles rendent désormais inévitable une libération des femmes arabes, africaines, indiennes, et toutes celles dont on ne parle jamais.
La troisième enfin est l'incommensurable courage des syriens à s'être soulevés après l'épisode terrifiant des enfants de Deraa. Une volonté farouche de liberté dont n'ont pas su faire preuve à ce jour les iraniens, les chinois ou les coréens. Les russes l'ont eu avec Gorbatchev mais on sait ce que cela est devenu avec Poutine.
On se donne les raisons d'espérer qu'on peut. 

dimanche 22 décembre 2013

SELFIE / AUTOPORTRAIT


La défense du Selfie (même si le mot est moche)...
...ou le Selfie comme auto-therapy par les temps qui courent sur la planète.

Dans cet interminable "état incertain" entre un monde ancien qui n'en finit pas d'agoniser et un monde nouveau entré dans une accélération effrénée, l'individu se trouve aujourd'hui de plus en plus écartelé. Il oscille entre s'accrocher au temps tel qu'il est passé, un temps connu et rassurant parce que déjà vu, ou se laisser aspirer par la vitesse d'écoulement du temps en train d'arriver. Mis face à un choix impossible, il ne lui restait plus qu'à se tourner vers lui même pour essayer de trouver une réponse, et c'est le Selfie. Mais a-t-il jamais existé une époque où l'on ne le pratiquait pas, en sculpture, peinture, photographie ou tout simplement écriture. La démarche est en tout cas saine car il n'est de meilleure auto-thérapie que l'autoportrait.


dimanche 8 septembre 2013

Visa pour l'image/Don McCullin

 
Viva la muerte 2
Joao Silva (qui expose aussi à Perpignan - et a perdu ses deux jambes en 2010 en sautant sur une mine antipersonnel) explique qu’en revoyant les images qu’il a prises, il se surprend à constater qu’elles «ne correspondent pas toujours au souvenir d’un moment précis». En est-il de même pour vous ?
Hélas non. Comment pourrais-je un jour oublier le tremblement de ces deux prisonniers au Biafra juste avant d’être abattus sous mes yeux et ceux de Gilles Caron ? Ou ce petit Biafrais albinos venu me tenir la main et dont je savais qu’il n’avait aucun espoir de survie ? En soi, photographier le drame, la détresse, techniquement ce n’est pas très compliqué. Mais croyez-moi, j’ai payé un prix terrible pour ça et vous ne pourrez jamais imaginer à quel point toute ma vie j’ai dû lutter avec ma conscience : on ne se fait pas un nom, non plus qu’on n’obtient des récompenses, impunément, quand c’est en montrant la souffrance des autres. Mais il me fallait porter ces images à la connaissance des gens, dont le respect et l’attention me touchent lorsqu’ils les regardent dans un endroit comme celui-ci, majestueux et solennel…
                                                  Don McCullin / Libération 07/09/13

mercredi 19 juin 2013

Maurice Nadeau / Le grand dénicheur des lettres



  La Quinzaine littéraire

Inévitable de rendre ici à Maurice Nadeau ce qui lui revient : ma dette envers sa "Quinzaine Littéraire". Ce bimensuel au rythme de parution improbable, duquel je me suis nourri durant des années. Abonné très fidèle, comme je sais l’être quand il le faut, j’ai vu défiler dans les pages de cette revue, qu’il avait créée et pilotée dès 1966, tous les auteurs dont il traitait et que je continue de fréquenter, tant ses choix éditoriaux correspondaient le plus souvent aux miens.
Des années durant je me suis rendu au 43 rue du temple où je gravissais, avec les  palpitations du vice impuni,  les marches menant jusqu’à la rédaction. Des locaux exigus et hantés comme une survivance du XIX° siècle en plein XX°, où il fallait se faufiler entre tables et empilements de cartons et livres. J’y allais pour acheter par paires les grandes reliures bordeaux, avec imprimé sur la tranche, en caractères dorés tout aussi improbables, le titre pour lequel il s’est battu jusqu’au dernier souffle. Sur place, une collaboratrice enveloppait soigneusement les reliures dans du papier Kraft, qu’elle fermait  avec du papier collant (pas du scotch) et attachait avec de la ficelle. Sans oublier les tiges métalliques qu’il fallait insérer entre les pages centrales de chaque numéro et fixer dans un support prévu à cet usage pour les rassembler en un volume par année.
A mesure que le temps passait, la collection prenait de l’ampleur et occupait un espace tel que j’ai dû m’en séparer en l’offrant à un libraire éditeur basé dans le XIII° arrondissement avant son embourgeoisement Rue Racine.
J’en ai gardé quelques numéros spéciaux ou fétiches sur Walter Benjamin, Georges Bataille, Edmond Jabès, Fernando Pessoa, Joseph Brodsky,  voire Michel Seurat (mort en détention au Liban) ou plus récemment Benjamin Fondane.

lundi 13 mai 2013

The Uprising of Femen in the arab world


 Le soleil des FEMEN réveille les morts

Le collage peut être défini comme la combinaison de matériaux verbaux ou visuels préexistants. 
Le collage met en question de manière directe les frontières de la culture et de l'art. 
Il peut donc avoir une triple fonction d'attestation du réel, de critique institutionnelle et de production imaginative. 
Le collage brasse des matériaux anonymes et peut passer pour une poésie faite par tous.
                                                               Michel Murat Le surréalisme inédit Livre de poche

mardi 9 avril 2013

Les Femen sont l'avenir de l'humanité...


... et la nouvelle Eve, 
Inna Shevchenko, est leur prophétesse.

Pour saluer le courage de ces guerrières aux seins nus*
qui osent braver le cordon sanitaire de Vladimir Poutine en lui criant
" fuck dictator ", 
alors que les plus grands de ce monde 
n'osent même pas lui dire que sa démocratie est frelatée.
Pour admirer leur solidarité avec 
le soulèvement des femmes dans le monde arabe.
Pour les remercier  enfin de mettre un peu de fleurs dans ce monde de brutes.

* Arme non létale