samedi 14 juillet 2012

Kofi Annan / Le Printemps Arabe 14


Le fonctionnaire du consensus (mou)

Son excellence Annan va en Syrie comme si tout ce qui s'y passait n'était qu'un problème de circulation. Comme si Bachar n'était pas en train de jouer Héliogabale III.

Son excellence Annan va en Iran comme si Khamenei et Ahmadinejad n'étaient pas des négationnistes antisémites.

Son excellence Annan va en Russie comme si le système Poutine n'était pas le même qu'en Syrie et en Iran. 

Son excellence Annan fait tout simplement la diplomatie des ânes. Et encore, j'ai plus de respect pour Aliboron que pour Son Inanité imbue de sa suffisance.

lundi 11 juin 2012

La stratégie de l'arapède/ Le Printemps Arabe 13




 Vampirite aigüe

Les peuples arabes n’auront de présent ni d’avenir qu’une existence vampirique tant qu’ils se diront eux-mêmes « buveurs de sang ». C’est un slogan qui parcourt depuis de trop longues années la ceinture arabe de la planète pour signifier la fidélité au chef, au meneur, au commandeur, au Raïs, à celui qui ordonne, celui auquel ces peuples se soumettent.
Entendu en toute conscience une première fois au Liban dans la bouche des partisans de Cheikh Pierre Gemayel, dirigeant du parti phalangiste d’inspiration et d’expiration nazillonne. Ils lui chantaient « Cheikh Pierre ma tehtam, 3indak zelm btechrab dam », cheikh Pierre ne te fais pas de soucis tu as des hommes qui boivent le sang! 
Ré-entendu quelques années plus tard à Radio Tripoli un jour que le défunt Colonel se préparait à discourir. La foule des adorateurs chauffait la salle en scandant « Ya kaed la tchil el ham, ne7na cherrabin el dam », Ô leader ne porte pas les soucis, nous sommes des buveurs de sang ! 
Il est revenu en ces jours de printemps arabe à Damas, dans la bouche des Chabbi7as du régime. Tout à leur ouvrage de mettre en application ce qui aurait pu passer pour juste une imagerie excessive, ils ont été filmés armes et poings levés en train de vociférer « Ya Bachar ma tehtam, 3indak zelm btechrab dam » ! Ce même engagement à boire la vie des autres pour que survive le chef.
Un comportement à mettre sans doute au compte du modus operandi de la stratégie de l’arapède, ce gastéropode qui s’accroche au rocher mais qui a besoin d’humidité pour que son pied-ventouse puisse adhérer et résister à l’assaut des vagues. Les dictateurs du type arapède font donc couler le sang pour rester collés au pouvoir et transforment leurs hommes en vampires, pas que virtuels.

jeudi 31 mai 2012

Voyage au bout de la violence/Printemps arabe 12


 A Carla
 Histoires d'autobus

Pour que les Libanais, ceux qui sont restés comme ceux qui sont partis, évitent de reprendre l' "Express Beyrouth-Enfer", contre lequel les avait pourtant mis en garde Etel Adnan dès 1970, il faudrait qu'ils fassent de toute urgence le "Voyage au bout de la violence" * auquel les invite Samir Frangié. Première parole vraie sortie depuis longtemps du pays des cèdres, son livre luit de toutes les facettes de l'intelligence comme une issue possible du long tunnel d'obscurantisme confessionaliste.
Intelligence historique qui lui permet d'établir et retracer de l'intérieur et de manière imparable tout le processus d'absorption du pays par le grand frère syrien. Intelligence personnelle qui lui a permis, en dépit du combat contre la maladie, de livrer une fois de plus "un exposé saisissant, lumineux et magistral" des dysfonctionnements du Liban. Intelligence prospective qui fait de sa proposition d'un " Etat du vivre ensemble" basé sur "une culture de la vie", une clé pour l'avenir de la région, Libanais, Syriens, Palestiniens et Israéliens confondus.
L'autre autobus, qu'il ne faut pas rater celui là, c'est celui que nous fait prendre au Caire le cinéaste Mohamed Diab. "Les femmes du Bus 678" est le hurlement d'un homme en faveur des femmes arabes. Sans avoir la fluidité des films de l'iranien Asghar Farhadi, "Une séparation" ou "A propos d'Elly" , ce premier film est la démonstration que sans révolution sexuelle dans la révolution arabe, sans redonner leurs droits à celles qui sont "la moitié du ciel", le printemps arabe n'accouchera de rien de bon.

* L'Orient des livres 2011 / Actes Sud 2012.


jeudi 24 mai 2012

Supplice du pal pour Héliogabale/Printemps arabe 11


Le bourbier syro-libanais, une histoire de dupes.

Je dirais même plus, une histoire de cornecul dont les libanais, ceux qui sont restés comme ceux qui sont partis, sont les auteurs du scénario à venir.
Tout ce qui se produit en ce moment en Syrie et au Liban, on le savait, pour ne pas dire l'attendait, depuis le 13 Avril 1975, date du mitraillage du fameux bus de 3aïn el Remmaneh (la source - ou l'œil - de la grenade, on peut lire grenade comme on veut, le fruit ou l'arme).
Ce jour là, les maîtres du moment avaient fait le choix archaïque et sanglant du repli communautaire, de gré, ou de force pour ceux qui n'en voulaient pas.
Près de quarante ans plus tard, ce sont les mêmes tarés, crétins congénitaux, analphabètes, arriérés mentaux, commerçants d'armes et de chaire humaine qui sont aux manettes des deux côtés de la frontière, entraînant tout le monde vers l'abîme.
Avec toutefois une mention particulière pour le cas pathologique exceptionnel d'Héliogabale (cf. sur ce blog), chef d'orchestre de ce qui restera sans doute comme un des épisodes les plus énigmatiques de l'histoire du cerveau humain, pour ne pas dire de l'incommensurable connerie humaine.
3ouchtoum wa 3acha Lubnan.

mercredi 2 mai 2012

Collage de mots / Georges Didi-Huberman



Icônes au logis

… Eh bien, je travaille, je travaille. Je suis un collasophe : je colle tant que je peux. Je recommence. Je lis, j’écris, je regarde, je photographie, je feuillette, je coupe, j’amasse, je cadre, je monte et je colle. Je fais avec les images ce que je fais avec les textes : des prélèvements, des fragments, des coupures, encore des fragments, sans ordre préalable et sans choix prédéterminé. Puis je dispose toutes ces associations libres sur « l’immense table » (qui est en réalité une table de bistrot, une plaque de marbre sur pieds en fonte, c’est à dire un outil d’artisanat). Ensuite, je fais des agencements, des regroupements, des associations, comme une réussite aux cartes ou comme un tarot que vous tire une voyante de fête foraine. Un futur - un désir - se configure et s’incarne lorsque je m’aperçois que les affinités s’organisent toutes seules, pensent toutes seules, se remontent d’elles mêmes. Alors je n’ai plus qu’à prendre le cutter et le tube de colle pour interpréter cette partition.

PS : Texte puisé tel quel dans du Georges Didi-Huberman*, grand ouvreur de « L’œil de l’histoire »**, et adapté à la collasophie qui n’est au fond qu’une des branches de l’iconologie.

*  Entretien dans artpress N°373 Décembre 2010

** Quand les images prennent position. 1 / Remontages du temps subi. 2 / Atlas ou le gai savoir inquiet. 3 (Editions de Minuit, collection Paradoxe)

samedi 21 avril 2012

Géopsychographie du Proche-Orient


Une région bipolaire

Il y a longtemps que le Proche-Orient ne relève plus ni des politiques, ni des diplomates ni des négociateurs, ni des résolutions du Conseil de sécurité. Si l'on veut encore tenter quelque chose pour cette région sanguinolente, souffreteuse, paranoïaque, religieuse et psychorigide, il faudrait mettre sur pied une ONG humanitaire de type " PSY SANS  FRONTIERES ".  Les dirigeants de la zone auraient en effet besoin d'équipes de psy en tous genres : psychiatres, psychologues et psychanalystes pour essayer de comprendre pourquoi ils sont encore dans cet état. Quant aux populations c'est des brigades de neurologues qu'il faudrait envoyer pour enrayer les détériorations mentales qu'entraîne une existence dans les conditions dans lesquelles leurs irresponsables les font vivre. 
Un mince espoir subsiste cependant dans une prise de conscience de l'intérieur un peu comme celle surprenante qui s'est manifestée au Liban après le suicide d'une jeune éthiopienne maltraitée par son Maître-esclavagiste et en Israël avec les messages d'amour des bloggeurs opposés à une action militaire contre l'Iran .
Le drame c'est que la prise de conscience est un processus long qui nécessite un vrai travail sur soi et qui met du temps à produire ses effets, alors que c'est hic et nunc que les gens souffrent et meurent.    

samedi 31 mars 2012

jeudi 15 mars 2012

Le Salaire de la peur et la chambre de Lautréamont


A défaut de parvenir à éteindre l'incendie au pays du Grain de beauté - quoique la solution consistant à le souffler par une explosion de trinitroglycérine, préconisée dans "le Salaire de la peur" mériterait encore d'être examinée*- il faudrait envisager rapidement maintenant une gouvernance planétaire. Comme cela on pourrait en double-cliquant déboulonner tous les tyranneaux de banlieue, commissaires de quartier ou avocats véreux qui s'amusent à tirer sur leur population et à manipuler toutes les cordes, n'importe lesquelles (politiques, religieuses ou communautaires) et n'importe comment, dans le seul but de rester aux commandes. 
Un premier pas pourrait être organiser un sommet Obama Poutine à Dubrovnik par exemple, un peu comme celui qui avait réuni Bush Gorbatchev en décembre 1989 à Malte.

PS : Je profite de ce collage pour réparer un oubli. J'ai omis de mentionner la parution de "La chambre de Lautréamont" d'Edith et Corcal chez Futuropolis en janvier 2012. Un petit bijou d'imposture, un chef d'œuvre d'ambiguïté, une énigme insoluble, mais surtout un scoop planétaire sur la nuit qu'Isidore Ducasse et Arthur Rimbaud ont passé ensemble au 7 rue du Faubourg Montmartre.

* N'en déplaise à Rony Brauman ( cf Le monde "intervenir militairement en Syrie ne serait que poursuivre la spirale des violences" ).

mercredi 7 mars 2012

8 Mars / Journée de la femme


A toutes les femmes qui participent aux printemps,
 du levant au couchant.

Posté de mon iPhone

lundi 20 février 2012

Al 7ajjaj Ibn Youssouf à rebours / Printemps arabe 10


A Gristolu


Depuis six mille ans, la guerre 
Plaît aux peuples querelleurs, 
Et dieu perd son temps 
A faire les étoiles et les fleurs...
 L'homme, ivre d'un affreux bruit,
N'a plus d'autre intelligence
Que le massacre et la nuit. 
(Victor Hugo).

La guerre ayant été de tout temps inhérente aux peuples et aux individus, il a de tout temps existé des forces de défense de ces peuples et individus. Le retournement de ce bras armé contre celles et ceux qu’il doit protéger est révélateur d’un dysfonctionnement entre le pouvoir politique et les hommes qui l’ont désigné pour les gouverner. Porté à son paroxysme ce dérèglement entraîne généralement l’implosion des forces armées et leur dispersion, livrant les populations à elles mêmes et aux conflits qui les habitent et agitent par définition. Il en résulte ce qu’on appelle des guerres civiles qui ont une fâcheuse tendance à durer ce que dure le temps des blessures. Plus les populations s’en infligent, plus les affrontements se prolongent et s’approfondissent, ramenant les belligérants aux temps de l’imbécillité glorieuse et la crétinité triomphante.
Il y en a qui n’ont pas encore compris ça et le Printemps Arabe n’a pas fini de le leur rappeler. Après la rive est du bassin de tous les dangers le printemps devrait en toute logique se poursuivre dans la péninsule où des femmes et des athées s’expriment désormais à internet ouvert, et repartir vers l’ouest où des militaires continuent de sévir contre les populations desquelles ils émanent. 
Il semble bien que ce printemps des peuples et des individus va persévérer jusqu’à ce que les forces de défense reviennent à leur mission première. 
C'est donc le moment de reprendre à rebours la fameuse formule du 7ajjaj Ibn youssouf « Inni la ara rou2oussan kad ayna3at wa 7ana kitafouha », « je vois des têtes qui ont mûri et le temps est venu de les cueillir ».